Voilà environs 3 mois que nous sommes parties du Maroc, pour rejoindre mon mari en Allemagne.
Je ne vais pas mentir... Tout ne m'a pas convaincu sur le fait que la vie marocaine était la meilleure qui soit, à l'instar de certaines personnes qui rêvent d'aller y vivre.
J'ai été déçue par plusieurs choses, et émerveillée par d'autres. Je pense sincèrement que fraîchement débarqués du Texas, la différence culturelle était bien trop importante, et les circonstances bien trop peu choisies, pour pouvoir profiter pleinement du Maroc.
Pourtant, parmis les profondes découvertes qui m'ont transportées, il en existe quelques unes étant liées à un certain art de vivre: la nourriture, les habitations traditionnelles, les soins du corps, le thé, ... etc.
Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler des riads.
Une des choses qui me manquent beaucoup à Hambourg est définitivement la lumière, qui est très présente au Texas, et tout autant au Maroc. Ici, et parceque nous sommes en plein hiver je pense, j'ai l'impression qu'il fait toujours sombre. Désespérément sombre...
Pourtant, je suis une fille du Nord (je suis originaire du Pas-de-Calais), mais depuis que nous vivons au Texas, mon humeur a beaucoup de mal à s'adapter au manque de clarté.
Il faut avoir un temps très ensoleillé, comme un peu plus tôt dans la semaine (ouf... il était temps !), pour pouvoir profiter d'une lumière si bienveillante pour le moral des troupes ;)
Au Maroc, comme au Texas, la lumière est omniprésente, et on est alors bien plus amenés à vivre à l'extérieur. Tout du moins quand il n'y fait pas trop chaud ! Et c'est là que l'exercice peut devenir très périlleux. Comment mettre à profit un facteur climatique qui pourrait devenir vite insupportable s'il n'était pas régulé par l'ingéniosité humaine ?
En l'occurence, les marocains ont donc pris le parti de se protéger du soleil, tout en parvenant, à travers la construction de certains types d'habitations, à le dompter pour que ses effets ne soient pas désagréables. En somme, une architecture se jouant des équilibres, et mettant en valeur les facteurs naturels.
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| Le premier riad qui nous a accueilli dans la médina de Marrakech: le jardin et le petit bassin, au centre de la maison. |
"Le riad est l'habitat traditionnel typique des médinas marocaines.
Entièrement, fermé sur lui-même, il préserve entre ses murs son riche passé et ses nombreux trésors intérieurs.
On dit avec raison: les italiens construisent leurs jardins, les anglais les plantent, les français les dessinent. On pourrait ajouter: les marocains y vivent.Dans les riads, le jardin est maison et les plantes sont les meubles. Ainsi, le jardin s'incorpore à l'architecture, et l'édifice lui-même se prolonge dans la nature. Une vraie symbiose...
Aux origines:
Si dans l'imaginaire collectif le riad renvoie à un type de maison, il traduit en réalité le mot "jardin" en arabe. Cette association s'est imposée au fil du temps pour qualifier les demeures bourgeoises où s'édifiaient des espaces verts paradisiaques.
L'art du jardin fait partie de la civilisation arabe et l'Islam représente le paradis des croyants comme un délicieux espace de verdure, majestueux et abondant.
Mais bien avant l'avènement de l'Islam, le riad tient ses origines d'un legs de tradition gréco-romaine, lui-même nourri des leçons de l'Orient.
Certains spécialistes présument que l'introduction au Maghreb de ce type de jardin citadin émane des musulmans chassés d'Espagne. Depuis, ce modèle d'habitation devint spécifiquement marocain, et s'est imposé très vite comme un lieu propice à la réunion de la communauté, mais aussi de la famille.
Le riad désigne un jardin de forme rectangulaire clos de hautes murailles, avec à ses deux extrémités deux corps de bâtiments face à face. Ces salles largement ouvertes, avec galerie, sont reliées par une ou plusieurs allées rectilignes et dallées se coupant à angle droit.
D'élégantes colonnettes de bois soutiennent généralement les auvents de tuiles vertes. Treilles et balustrades abritent et bordent des parterres de verdure où des vasques et jets d'eau marquent le point de départ ou la rencontre des allées.
Le riad dispose généralement d'un étage, qui permet d'atténuer les fortes chaleurs de l'été, et d'isoler partiellement une partie de la maison du froid hivernal.
La décoration est à l'image de l'architecture, traditionnelle et orientale.
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| L'intérieur du riad, à la déco simple mais traditionnelle, et les salons en enfilade, qui sont très typiques de ce genre d'habitat. |
Plaisir des sens:
Toutefois, les vieux riads traditionnels des grandes villes n'ont de l'extérieur aucun aspect attrayant. Souvent même, les murs ne sont pas chaulés et présentent une allure misérable.
Mais une fois la porte franchie, la lumière surprend: elle inonde le patio à ciel ouvert. Les rayons créent des jeux d'ombres entre les décors. Courant le long des galeries, des formes géométriques dessinant des tapis au sol viennent s'entrelacer aux décorations florales pour animer cet espace clos dont on ne se lasse jamais.
A la subtilité des couleurs vient s'ajouter le murmure d'une vasque d'eau ou d'une petite fontaine, ou bien encore d'un petit bassin de zelliges.
A la vue et à l'ouïe vient s'ajouter la flatterie de l'odorat. Les bigaradiers, les cédrats, les orangers, les citronniers mêleront odeurs légères, à la suavité des roses et à l'entêtement du jasmin et du chèvrefeuille.
Les tonnelles protègent des rayons chauds de l'été et laissent parfois retomber des raisins mûrs, que des mains d'enfants se feront une joie de cueillir le moment venu."
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| Les terraces sur les toits du riad, où il fait bon se reposer à l'ombre d'une tonnelle. |
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| Les pots à la couleur si emblématique à Marrakech: le bleu Majorelle. |
La suite prochainement dans une seconde partie... Patience...
Merci de votre visite, et bonne journée à vous tous :)
(Source pour réaliser une partie de cet article: AtlasBlue / Crédit photos: Florence Coffyn-Hagneré)






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