Alors une fois que j'aurai trouvé de nouvelles piles à mettre dans mon appareil et que j'aurai réalisé un nouveau gâteau, je vous transmets rapidement cette recette.
Je vais donc vous faire part d'un peu d'Histoire... à la place de la recette. Mais pour qui aime se cultiver, c'est un peu la même chose: disons que c'est se nourrir l'esprit ! ;)
J'ai choisi de passer ce séjour marocain à Essaouira parce que j'avais entendu dire que c'était une ville beaucoup plus typique que Marrakech, qui se situe dans la même partie du pays. Largement moins touristique, même si je trouve que cette cité est tout de même très fréquentée par beaucoup de voyageurs, venant évidemment et surtout des autres régions marocaines, de la France, du Royaume-Uni... Et allez savoir pourquoi, j'ai même souvent entendu parler russe lors de nos balades.
Essaouira est un port sur la côte Atlantique, à l'Ouest du Maroc. Il est à mi-chemin entre Marrakech et Agadir, et non loin de Safi.
Il suffirait d'une nage pour se retrouver en Floride... Héhéhé ! Non, je ne m'y risquerais pas...
Deux mondes du même océan, à l'opposé l'un de l'autre , et qui se regardent en chien de faïence, à m'en donner quelques frissons...
J'avais entendu dire aussi que l'ancien nom d'Essaouira était Mogador.
Et alors là, comme par magie, tout un tas d'images orientalistes sont venues à mon esprit.
Mogador... Mogador...
Ca fleure bon l'aventure et les anciens comptoirs internationaux, non ?
Pour faire simple, voici ce qu'un Guide Gallimard spécial Maroc, laissé dans notre maison temporaire par les propriétaires, nous en dit en général:
" La ville s'élève sur une presqu'île sans cesse balayée par les vents alizés. Son climat tempéré tout au long de l'année fut appécié dès l'Antiquité (...).
Au Ier siècle de notre ère, les îles d'Essaouira devinrent célèbres dans tout le monde romain grâce à leur ateliers de fabrication de la pourpre.
C'est à partir du Xème siècle que la ville fut baptisée Amogdul ("le bien gardé"), du nom du saint patron berbère de la cité, Sidi Mogdoul, enterré à 3 kms de la ville. Dans le port d'Amogdul transitaient toutes les marchandises produites dans la province du Souss et dans tout le sud marocain.
Dès le XVème siècle, les Portugais firent de la cité une de leurs étapes commerciales.
Ils déformèrent son nom en Mogdoura, transformé par les Espagnols en Mogadour, puis par les Français en Mogador. (...)
A partir du XVIème siècle, les portugais s'installèrent en masse à Mogador. Ils encouragèrent l'exploitation intensive de la canne à sucre dans la région.
En 1764, le sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abdallah décida de faire de ce port une base navale. Il souhaitait punir Agadir, la ville frondeuse, qui avait engagé une lutte ouverte avec le pouvoir et monopolisait le commerce européen. Pour mener à bien son projet, il chargea un prisonnier français, l'ingénieur Théodore Cornut, de tracer le plan d'une nouvelle ville. Elle fut bâtie selon un tracé rectiligne, dotée de larges rues et ceinte de remparts à la Vauban, comparables à ceux de Saint-Malo.
Mogador fut alors rebaptisée du nom arabe Essaouira ("l'image") ou Es-Saouira ("le lieu fortifié") (...).
Pour peupler sa ville, le sultan ordonna aux consuls européens de s'installer dans la nouvelle cité. Il fit également venir les familles les plus riches du royaume: les négociants du roi. Les juifs furent longtemps très nombreux à Essaouira.
La légende raconte que bon nombre de sultans auraient été séduits par la beauté et l'intelligence des femmes d'Essaouira. Beaucoup auraient été enlevées et "converties" pour peupler les harems de Fès.
La ville rassembla de tout temps, les tribus des différentes communautés qui peuplent aujourd'hui le Maroc; (...)
Dès 1780, une douzaine de maisons de commerce regroupèrent près d'un millier d'Européens. Essaouira assurait alors 40% des échanges maritimes du Maroc.
Un siècle plus tard, sous le protectorat, l'aménagement des ports de Casablanca et d'Agadir freina l'activité commerciale. C'est à cette époque cependant que la ville moderne fut aménagée à l'extérieur des remparts. (...)
Au large d'Essaouira, les Iles Purpuraires abritent une réserve d'oiseaux. Sur l'Ile de Mogador subsistent les ruines de la grande prison bâtie à la fin du siècle dernier par le sultan Moulay el-Hassan. C'est sur cette île, qu'au Ier siècle avant J.C, le roi de Maurétanie installa une fabrique de pourpre. On raconte que son fils, Ptolémée, se fit assassiner par Caligula parce qu'il s'était rendu sur son invitation à une grande fête, vêtu d'une toge pourpre, couleur réservée aux empereurs romains".
On est en plein dans l'ambiance des Contes des Milles et Une Nuits, où je ne m'y connais pas... !
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| Les ruines de la prison, sur l'Ile de Mogador |
Comme un petit pressentiment m'a soudain pris à la gorge. Un regard vers la droite m'a permis de voir que nous nétions pas seuls à avoir eu la même idée de nous arrêter à cet endroit, puisque de nombreuses autres voitures de tourisme étaient présentes, mais bizarrement, aucun occidentaux... Un regard vers la gauche, et je suis tombée nez à nez avec un mendiant qui me tendait la main. Il avait les yeux dans le vague, et de la bave au coin de la bouche. Avant que je puisse trouver une pièce dans mon porte-monnaie, Mathieu m'appellait de la voiture d'où il n'avait pas voulu sortir de tout le trajet, scotché à son siège "protecteur", derrière la vitre qui faisait office de tampon entre lui et ces évènements auxquels il ne voulait délibérèment pas participer. Bon.
Et puis ce sentiment désagréable s'est vite évanoui pour laisser place à l'excitation de la découverte.
On est arrivés près des remparts de la médina, et un des personnages très typiques de la vieille place est arrivé, muni de sa cariole à pied, pour nous mener jusqu'à notre premier logement.
Partis dans les dédales de ces rues-labyrinthe, on n'était pas au bout de nos peines...
COTE PRATIQUE: Comment se rendre à Essaouira au départ de Marrakech ?
- La manière la moins onéreuse et la plus typique reste le bus local (15 trajets par jour, conduite de 3h30, environs 50DHS par personne) à partir de la gare routière de Marrakech. On arrive à la gare de bus d'Essaouira, à une dizaine de minutes à pied d'une des grandes portes de la médina, Bab Doukkala. Ou si l'on préfère, on peut prendre un "petit taxi" à 5DHS.
- Une autre manière beaucoup plus confortable et plus rapide d'y accéder, est de prendre les bus Supratours (3 à 4 trajets par jour, conduite de 2h30, environs 80DHS par personne), toujours à partir de la gare routière de Marrakech. On arrive à l'agence Supratours qui se trouve à deux pas de la porte Bab Marrakech. Prévoir de prendre ses tickets à l'avance, car ce service est très utilisé et les bus sont souvent bondés. Quand il y a des fêtes au Maroc ou des périodes de vacances scolaires, les bus sont carrément pris d'assault par les touristes de tous les horizons. La priorité est donnée aux personnes qui ont d'autres correspondances.
- Les "grands taxis" vous conduiront aussi facilement à Essaouira (conduite de 2h30 à 3h, prix à voir avec le conducteur à l'avance !), et peuvent être pris à n'importe quel endroit de Marrakech, mais surtout près des sites touristiques, ou auprès des logements sur place qui s'occuperont certainement sur demande de faire les réservations Et bien-sûr à la gare routière où ils sont très présents. La bonne chose dans ce genre de trajet est que si vous ne connaissez pas bien Essaouira, le chauffeur pourra vous conduire directement en ville, à l'endroit précis où vous devez vous aller, ou tout du moins, il vous expliquera comment vous y rendre.
Florence Coffyn-Hagneré
(source d'une partie de cet article: Guide Gallimard Maroc p. 157 (Les Encyclopédies du Voyage)).






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